On dirait que j'oublie à chaque fois tout ce qu'un déménagement implique mais on a finalement notre nic d'amour. Notre maison est assez agréable mais malheureusement en plein centre-ville. Les annonces à Somoto se font via une automobile avec de gros hauts-parleurs qui empêchent d'avoir une conversation normale quand ils passent dans la rue. Et bien, cette auto passe parfois jusqu'à minuit et recommence à 5h le matin. Impossible de ne pas l'entendre. Bien pire qu'un haut-parleur de mosquée dans sa fenêtre de chambre!
À part le bruit, il y a d'autres agents bien actifs dans cette maison malgré qu'on ne les entend pas: des fourmis. Des petites noires, des moyennes brunes, des grosses rouges, des termites, des volantes... de tout genre et d'où son nom "Nic d'amour" Cette semaine je commence à lire la Trilogie des Fourmis de Werber pour me réconcilier ou traumatiser davantage...
Entre le frotage d'armoire et de planchers, l'aménagement de mon jardin (encore à l'état d'ébauche) je travaille de plus en plus fort à Palacaguina. Les pluies ont commencé, les montagnes désolées se parent de vert tendre et ont la tête dans les nuages, le paysage devient de plus en plus agréable.
Avec la pluie, le temps des semis. Quantité d'hommes dans leur champ en gougounes, pulvérisateur à la main, bouteilles de pesticides abandonnées à côté de chaque puit et de chaque ruisseau. Jamais rien vu de tel.
Pour le moment, je travaille avec mes deux techniciens, nous formons une équipe sérieuse et motivée, espérons que les trois professeurs qui se joindront à nous le 1er juin le seront tout autant.
J'ai pu me frotter au travail de terrain la semaine passée; j'ai semé de l'engrais vert à l'espeque, outil de travail qui m'était inconnu jusqu'ici. Dans un sol pierreux et sous un soleil de plomb, j'ai courageusement semé mes graines en ne m'énervant pas trop quand celles-ci tombaient à côté de mon trou. Le but de l'espeque est de faire un trou dans le sol et de lancer ses 2-3 graines (dans un sac à la ceinture) dedans pour ne pas avoir à se pencher. Je m'améliore! Certains coopérants n'aiment pas ce genre de travail, moi je trouve que rien de tel pour se mettre plus près des paysans et donner une vision de la tâche à accomplir. C'est pas de la tarte cultiver!
lundi 30 mai 2011
mercredi 11 mai 2011
Un peu de campagne
On commence à entrer un peu plus dans le vif du sujet. Cette semaine on fait des visites terrains pour recruter nos 55 premiers jeunes, trouver le lieu ou installer nos 2 écoles, voir les terrains de nos 3 futures parcelles expérimentales…
On ne chômera pas! Les agriculteurs de notre zone font encore beaucoup de brûlis et il y a une espèce de culture assistentialiste pas évidente du tout. Il y a eu tellement de projets au Nicaragua du genre « tout inclus » que les gens veulent seulement savoir combien ça va leur rapporter. Comme le projet est surtout basé sur l’acquisition de connaissances c’est un peu moins vendeur. Mais quel plaisir de se retrouver à la campagne avec les paysans! Ça me manquait.
samedi 7 mai 2011
Amélioration de la production et de la gestion agricole des jeunes producteurs et productrices de la région des tropiques secs
Faudrait bien que je parle un peu de mon boulot puisque ça occupe pas mal de mon temps et que c’est pour ça qu’on est au Nicaragua! Je travaillerai donc durant les deux prochaines années à atteindre l’objectif du titre de ce posting, et ce, par le biais de la formation technique.
Le projet vise à développer un autre curriculum que celui offert par les écoles existantes, en partenariat avec celles-ci. Une technique de 3 ans axée sur l’accessibilité et la pratique. Les jeunes recrutés devront avoir accès à une partie de la parcelle familiale pour expérimenter au fur et à mesure de l’apprentissage ce qui se traduira par deux jours de classe par semaine (dans une « école » à la campagne avec pratique sur la parcelle de l’école) et 3 jours de pratique (où l’équipe technique visitera les jeunes à domicile pour les appuyer et les conseiller dans leurs expériences. Le diplôme décerné à la fin de ces trois ans d’étude sera « Gestion intégrée et écologique de ferme ». Un apprentissage axé sur la permaculture. Mon rôle là-dedans est de coordonner une équipe de 3 professeurs et de 2 techniciens à laquelle d’autres viendront s’ajouter en même temps que les nouveaux groupes (cette année, on commence avec un groupe de 50 élèves, le temps de mettre au point notre approche).
À chaque année, le projet appuiera deux initiatives de commercialisation et/ou transformation de produits agricoles. Il y a aussi un volet qui consiste en la construction d’ouvrages d’entreposages, d’irrigation ou de quoi que ce soit nécéssaire à la communauté ou à l’élève.
Un portrait un peu grossier mais néanmoins emballant, vous en aurez des nouvelles au fur et à mesure du déroulement.
mardi 26 avril 2011
Pâques
Le coup de barre est passé, les vacances de Pâques à la laguna de Apoyo, Massaya et Catarina m'ont réconciliées avec le pays. Quel bonheur de nager dans une eau tiède cristalline. On logeait à la Posada ecologica la abuela, endroit assez chic, différent de notre hôtel Régis de Massaya où on était dans une chambre propre mais bruyante à 4$ la nuit!
À Catarina il y a vraiment une vue superbe de la laguna, de Granada et son lac et dans le village il y a je ne sais pas, peut-être une quinzaine de pépinières ornementales et plusieurs boutiques d'artisanat, c'est sympa de s'y promener. Petty y a fait du cheval pour la première fois de sa vie. Massaya nous a plu surtout à cause de son parc central où il y a une belle ambiance: jouets d'enfants, petits restos avec jus frais et ceviche, artisant. On est même allés au cirque! De vraies vacances.
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| Seule photo que j'ai réussi à prendre avant que mes piles ne lâchent |
Au retour, on s'est fait arrêtés par les policiers. Comme nos passeports sont au ministère et attendent les visas on n'avait pas de papiers... Ils nous ont sortis du bus et interrogés pendant une heure au bord de la route et voulaient nous emmener au poste d'Ocotal (qui n'est pas dans la direction de Somoto). Après un appel à la directrice du projet qui a du partir au bureau un dimanche pour leur donner nos numéros de passeport, ils ont vérifié avec l'aéroport et nous ont finalement laissé partir... par chance qu'on était seulement à une dizaine de kilomètres de Somoto, ça aurait pu être chiant car c'était le soir.
mardi 19 avril 2011
Crise existentielle
Bon sang que je m'ennuie du Rwanda...
Le type nous avait dit qu'il nous gardait la maison mais l'a loué à quelqu'un d'autre, Maëla a vomi une vingtaine de fois hier et moi je m'ennuie des collines.
Le type nous avait dit qu'il nous gardait la maison mais l'a loué à quelqu'un d'autre, Maëla a vomi une vingtaine de fois hier et moi je m'ennuie des collines.
samedi 16 avril 2011
Jour de chance
Pas été à l'école de campo finalement, j'ai passé la journée au lit, problèmes digestifs typiques de la vie dans l'émisphère sud... ya quelque chose d'un peu maso à vouloir y travailler.
Mais hier, les astres étaient alignés pour nous : nous avons trouvé deux maisons et finalement signé le partenariat avec l’INATEC, l’école technique avec laquelle je vais travailler.
Mais hier, les astres étaient alignés pour nous : nous avons trouvé deux maisons et finalement signé le partenariat avec l’INATEC, l’école technique avec laquelle je vais travailler.
La première maison m’a vraiment accroché. Environ 10 minutes à pied du marché et d’un parc de jeu mais située dans un rang calme avec des maisons éloignées les unes des autres où l’on ne croise que des vieux à dos d’âne. Une belle vue sur les montagnes et une très grande cour avec un cocotier, un manguier, un papayer, des vaches et des poules. De l’espace pour se faire un grand jardin. Un patio avec des plantes grimpantes, un robinet dehors pour l’arrosage, un puits (dans un village où l’eau manque de 8h30 à 15h30 tous les jours c’est un atout) bref, j’étais tout à fait conquise. Le seul hic c’est que la maison est en construction donc pas de plafond, de plancher, de salle de bain et, ce qui me dérangeait un peu plus, pas d’espace pour les fenêtres. Petty me dit qu’il n’y a rien là, on va les rajouter… je dis « ah oui ? » facile, qu’il me répond, faut juste enlever des briques… ah ! L’autre léger détail c’est que le garage (annexé à la maison) sert d’église évangélique et pas question de les faire déménager, le proprio en est membre. Mais bon, trois fois par semaine, s’ils chantent bien, on peut patienter…
La deuxième maison est dans un quartier très pauvre un peu plus loin de la ville. Mais la maison est grande, neuve et propre. Manque juste quelques détails style plafond et armoires, faciles à ajouter. Coup de cœur de Petty cette fois. Moi je m’objecte : cours trop petite. Pas de problème, me dit le proprio, je vais te l’agrandir, le terrain à côté m’appartient. Mais cette cour n’a pas le cachet de la première et je n’aime pas le fait qu’on habite dans LA piaule de riches au milieu de maisons composées de 2 planches pour les murs et 3 pour le toit. L’autre était dans un quartier un peu moins pauvre et la maison ne payait pas de mine de l’extérieur, elle ressemblait à toutes les autres.
On prendra sûrement une décision aujourd’hui, le premier était supposé de consulter sa femme pour nous donner un prix et je suis en négo avec le deuxième que je dois rencontrer à 16h. On sera fixé bientôt…
jeudi 14 avril 2011
Brigades écologiques
Hier, j’ai passé la journée dans un atelier de l’INPRHU (une ONG locale avec laquelle on va travailler) qui visait à appuyer les comités des brigades écologiques dans la planification de leurs activités annuelles.
Les brigades se forment dans les villages, jeunes ou vieux peuvent devenir membre. Ils ont de la formation sur l’environnement et l’écologie. En même temps, ils se planifient des activités concrètes à réaliser en comité ou avec la communauté du genre sensibilisation, nettoyage des berges, pépinière d’arbres fruitiers, compost, etc. Ils peuvent recevoir de la formation de l’INPHRU selon leurs besoins spécifiques.
J’ai beaucoup aimé l’approche très dynamique. Ça m’a donné des idées pour mes futures classes et j’ai été impressionnée de voir la motivation des jeunes; certains avaient fait plusieurs kilomètres à pied pour venir assister à cet atelier. Longue vie aux brigades écologiques!
Aujourd’hui je pars encore sur le terrain avec une équipe de l’INPHRU pour une école de campo. Celle-ci répond à un besoin spécifique déterminé par les agriculteurs du genre : comment faire pousser des courgettes. Par la suite, pendant une saison de culture, il y a des cours théoriques et pratiques à temps partiel sur ce thème. J'ai hâte de voir comment ça se passe...
dimanche 10 avril 2011
Toujours à la recherche
De retour à Somoto en autobus « expresso » ce qui veut en principe dire que le bus n’arrête pas sur la route. Comme les chauffeurs ne semblent pas être tellement des gens de principes, on arrête dans chaque village. Pas de limite de passagers et pas une grande fréquence de départs non plus ce qui veut dire qu’ils sont souvent bondés et qu’on peut faire une bonne partie du voyage debout (mais quand il arrête pour faire descendre des passagers et qu’on se trouve une place assise, on regrette moins le fait qu’il ne soit pas aussi express que supposé!).
Tant qu’à être dans les transports on a platement oublié notre poussette dans un taxi cette semaine en allant à « La Casita », une ferme écolo très chouette où j’achète du pain intégral. On était pas mal déçus car disons que ça allège et facilite beaucoup nos déplacements. Plus tard cette même journée, Petty est allé au cybercafé pour connaître le résultat des matchs de soccer et ne voit-il pas notre taxi passer. Faut dire qu’il est hyper observateur pour ce genre de choses, moi je n’aurais pas pu dire de quoi avait l’air le chauffeur (même si c’est moi qui était assise devant) et encore moins le taxi (il y en a des blancs, des jaunes, des noirs…) Lui l’a reconnu de loin et lui a fait signe de stopper. Comme le taxi était plein et que le chauffeur continuait sa route, il a sauté sur le taxi! Les passagers ont dû avoir une frousse, un noir qui les attaque! (car ici, comme ailleurs, tout le monde sait que les noirs sont des bandits) Tout le monde parlait en même temps et Petty qui ne comprenait rien a tranquillement récupéré notre poussette et est reparti. C’est vraiment un coup de chance car il y a tellement de taxis en ville, c’est un des moyens de transports les plus rapides et les moins chers (on va n’importe où en ville pour moins de 50 sous) et en plus on est assis!
De retour dans notre village où les ânes sont plus fréquents que les taxis, on continue la recherche de notre future bicoque.
mercredi 6 avril 2011
Modifier la constitution? Facile!
Dimanche était prévue une grande manifestation à Managua pour protester contre la candidature d’Ortega aux élections de novembre prochain. Une décision de justice contestée vient de modifier la constitution pour l’autoriser à entreprendre un nouveau mandat. Celui qui se présentait comme un révolutionnaire sandiniste se rapproche plutôt de la dictature selon certains. Sa dernière victoire aux élections fut très controversée et il avait refusé toute observation externe. Encore dernièrement, sa décision de ne pas accepter un projet de plusieurs millions financé par le Danemark, à cause qu’une petite partie du budget était justement consacrée à la vérification des élections, a fait des vagues dans le pays. La manifestation pacifiste de dimanche fut empêchée par les policiers (faut-il mentionner que le chef de police est le mari de sa fille et que ceux-ci ont une compagnie pharmaceutique qui a un contrat de plusieurs milliards avec le ministère de la santé?). Mais ce que ne sont que des fouteurs de trouble a déclaré Ortega en établissant une comparaison avec les mouvements de révolte des pays arabes et en manifestant son soutien envers Muammar Kadhafi.
Nous on aura bientôt nos trousses pour voter aux élections fédérales à partir d'ici... ce sera probablement plus calme mais l'issue du vote ne sera peut-être pas plus réjouissante...
Nous on aura bientôt nos trousses pour voter aux élections fédérales à partir d'ici... ce sera probablement plus calme mais l'issue du vote ne sera peut-être pas plus réjouissante...
lundi 4 avril 2011
Cherche maison à louer
Déjà un peu tannés d'être dans nos 10 valises, on a profiter de la journée de samedi pour aller visiter des maisons à louer à Somoto. Pas de petites annonces ici, ni d'affiches mais plutôt du bouche à oreille. En réalité, j'ai vu une affiche "à louer" mais c'était pour me rendre compte que c'est des chambres à louer à l'heure, genre maison de passe... pas vraiment l'endroit qu'on cherchait (et nous pas le type de clients qu'ils cherchaient).
Stratégie? Se promener dans les rues, saluer les gens (bien affables par ailleurs) et leur demander "vous ne sauriez pas où il y a une maison à louer?" Presque tout le monde en a au moins une en tête: "oui, 2 rues à l'est, 3 vers le nord, une maison verte" et la propriétaire, la senora Dolores, habite "de la pharmacie, une rue à gauche, 2 vers le sud, un grand portail blanc". Une journée à se promener de gauche à droite sous le soleil de Somoto, à découvrir un peu plus notre futur village. Malheureusement, je ne devais pas être habillée assez chic car les maisons qu'on m'a fait visiter ne correspondaient pas du tout à ce qu'on cherche. Pas de cuisine ni de salle de bain intérieure, pas de plafond ou pas de cours arrière ce qui ne semble pas déranger les coquerelles qui y habitent.
À un moment donné, on a loué un vélo taxi 2 places pendant une heure histoire de se reposer et d'avoir un peu d'ombre. Le type semblait bien découragé de mes exigences et me dit "vous ne trouverez jamais la maison que vous cherchez et en plus elles sont très chères"! Ouin ben laisse faire les maisons à 20$ par mois et même si tu me fais visiter des maisons 10 fois plus chères pour avoir un plancher et une toilette je suis prête à accepter.
J'en ai finalement visité une pas pire mais qui est en bordure de la Panaméricaine avec un bar à côté. Pas vraiment l'emplacement rêvé mais j'ai des rendez-vous samedi prochain pour trois autres maisons. À suivre... j'ai l'impression qu'on n'a pas fini de chercher!
Stratégie? Se promener dans les rues, saluer les gens (bien affables par ailleurs) et leur demander "vous ne sauriez pas où il y a une maison à louer?" Presque tout le monde en a au moins une en tête: "oui, 2 rues à l'est, 3 vers le nord, une maison verte" et la propriétaire, la senora Dolores, habite "de la pharmacie, une rue à gauche, 2 vers le sud, un grand portail blanc". Une journée à se promener de gauche à droite sous le soleil de Somoto, à découvrir un peu plus notre futur village. Malheureusement, je ne devais pas être habillée assez chic car les maisons qu'on m'a fait visiter ne correspondaient pas du tout à ce qu'on cherche. Pas de cuisine ni de salle de bain intérieure, pas de plafond ou pas de cours arrière ce qui ne semble pas déranger les coquerelles qui y habitent.
À un moment donné, on a loué un vélo taxi 2 places pendant une heure histoire de se reposer et d'avoir un peu d'ombre. Le type semblait bien découragé de mes exigences et me dit "vous ne trouverez jamais la maison que vous cherchez et en plus elles sont très chères"! Ouin ben laisse faire les maisons à 20$ par mois et même si tu me fais visiter des maisons 10 fois plus chères pour avoir un plancher et une toilette je suis prête à accepter.
J'en ai finalement visité une pas pire mais qui est en bordure de la Panaméricaine avec un bar à côté. Pas vraiment l'emplacement rêvé mais j'ai des rendez-vous samedi prochain pour trois autres maisons. À suivre... j'ai l'impression qu'on n'a pas fini de chercher!
vendredi 1 avril 2011
Esteli
On dirait que je commence à aimer les villes, qui l’eu cru? Pas trop de circulation ni de stress ici, plusieurs font la sieste de midi à 14h, on trouve de tout, des restos végés et même des cours de yoga! Hier, j’y suis allée mais je dois dire que c’était assez spécial comme expérience. Pas le genre de pratique à laquelle je suis habituée. En plus de ça Esteli est une ville de cowboys, ça lui donne un petit air pittoresque. On a fait de belles rencontres, des écrivains, des gens engagés, des musiciens, des gens d’ailleurs, des gens d’ici. Des soupers intéressants. Même Maëla ne rechigne pas à se coucher un peu tard et se balance suivant le rythme. Décidemment, cette ville nous plaît.
La campagne des alentours (de ce que j’en ai vu) a énormément de plantations de tabac et une usine de cigares. La ville se développe à toute vitesse à cause des emplois générés par l’usine.
Malgré mes cours d’espagnol, je me sens vraiment handicapée côté extériorisation. Je comprends bien mais maudit que je parle mal! Patience, patience, ça viendra mais quand on rencontre des gens trippants, c’est encore plus frustrant de communiquer à moitié (ou plutôt au 1/100e)!!
jeudi 31 mars 2011
Que calor!
Il fait chaud, pas mal chaud, ben trop chaud! On entre dans la période la plus accablante de l’année et il semblerait que le mercure oscille autour de 38-40 degrés ces jours-ci. Il fait chaud, pas mal chaud, ben trop chaud! Je ne sais pas comment je réussirai à faire de l’accompagnement technique dans les champs! Mes idées vont se liquéfier.
Hier nous avons quitté Managua avec un mélange de satisfaction et de regrets. On avait hâte de découvrir notre futur patelin mais comme on aimait bien la capitale, on n’était pas tellement pressés d’en partir non plus. Le voyage de 3h30 m’a paru assez long probablement parce que les paysages sont secs passés Managua, qu'il n’y a pas beaucoup de patelins en bordure de la route donc pas tant de choses à voir en cette saison sur la panaméricaine se dirigeant vers le nord.
Somoto nous a plu au premier abord, un joli village, avec les montagnes en arrière plan, des petites rues à sens unique où l’on retrouve presque autant de chevaux et de vaches que de véhicules et de motos. Tous ces mouvements semblent assez bien s’orchestrer. Des chiens et des enfants partout, Maëla ne sait plus où donner de la tête. Elle s’est déjà fait une petite amie et Petty aussi s’est fait une vielle amie de 70 ans peut-être. Je les voyais causer et ça m’impressionnait, le vocabulaire de Petty en espagnol étant d’environ de 10 mots.
On n’a pas vu grand-chose du village, nous sommes arrivés vers 17h, avons déposés tout notre barda au bureau de SUCO et après avons soupé chez l'autre coopérante qui est déjà là-bas. Retour au bureau à l’obscurité et dodo bien au chaud ou plutôt bien en sueurs, un ventilateur braqué sur nous. Avant d’entrer dans le lit je marche (pieds nus) sur quelque chose de dur. Je regarde de plus près et je vois un scorpion, le premier de ma vie. Je pense qu’il est resté trop bête de se faire marcher dessus sans peur et sans crier gare car il ne m’a pas piqué. Quand Petty a voulu l’attraper par exemple, il s’est dit wo c’est assez! Position de combat! Assez tristement un vigoureux coup de bottes à cap lui a calmé le pompon en partie à cause que Maëla dormait sur un matelas au sol à côté. Les scorpions c’est plus beau dans la jungle qu’à côté d’un lit de bébé.
Lendemain matin, retour sur nos pas vers Palacaguina, petit village où il y a de bonnes chances que se trouve mon bureau. Ce n’est pas confirmé encore car la branche de l’INATEC avec laquelle je vais travailler est basée là-bas mais le terrain ne leur appartient pas. Comme il y a des investissements prévus dans le projet pour améliorer les infrastructures, il faudra que ce soit sur un terrain acquis il se peut donc qu’on soit rapatriés à Somoto. J’ai rencontré les gens d'une coopérative de micro-crédit avec laquelle on va aussi travailler dans le cadre du projet.
Et finalement Esteli, notre chef-lieu des deux prochaines semaines. Ville agréable puisqu’il y fait quelques degrés de moins qu’à Managua et Somoto, qu’il y a Véronique et son copain qui sont bien sympas et qui habitent une petite maison tout aussi chouette qu’eux et que le marché est abondant en fruits et légumes variés. Par contre, les fruits et légumes coûtent à peu près la même chose que chez nous et sont beaucoup plus chers qu’au Rwanda. Un avocat coûte entre 1 et 2$ dépendant de la grosseur alors qu’au Rwanda pour le même prix on obtient une dizaine! Par contre, la dose de crack se vend 25 sous.
La pluie a tombé le soir de notre arrivée, chose très rare pour cette période. On a donc un peu cherché notre nouvelle maison dans l’obscurité pour se rendre compte qu’il n’y avait pas d’électricité et qu’on n’avait pas d’allumettes, notre soirée fut donc écourtée. Cet incident (très fréquent par ailleurs) nous a fait réaliser que pas de courrant=pas de ventilateur!! Il fait chaud, pas mal chaud, ben trop chaud!
mercredi 23 mars 2011
Bienvenido a Nicaragua!
Finalement nous y sommes! Nos trois mois de vacances au Québec terminés, nous avons atterris dans le pays qui sera le nôtre pour les deux prochaines années. Un pays où l’on saura sûrement s’enraciner, pleurer, jouer, se lier d’amitié, se tanner, se fasciner.
Notre première expérience en Amérique Centrale sera dans le centre du centre au « pays de lacs et de volcans », pays accueillant, pays fragile, pays, à première vue, charmant.
Le Salvador, vu du ciel et de l’aéroport, semblait presque désertique aussi fus-je agréablement surprise de voir une ville très verdoyante à notre arrivée à Managua malgré que ce soit le fort de la saison sèche (vive l’irrigation) C’est la capitale comportant le plus d’arbres qu’il m’ait été donné de visiter ce qui lui a donné d’office une place spéciale, moi qui n’aime pas particulièrement les villes. Il y aurait environ 1 400 000 habitants dépendant des sources. Elle est construite de façon très étendue ce qui rend difficile de la visiter à pied avec poussette. On se contente de se déplacer dans le quartier où se trouve notre hôtel et on se promène un peu dans les autres quartiers avec le véhicule du bureau. Le centre-ville avait été détruit en 1972 après un gros tremblement de terre et il n’y a pas eu de reconstruction comme telle, le dictateur Somoza de l’époque ayant mis dans ses poches l’argent qui avait été accordé à cette fin. Il n’y a donc pas vraiment de centre-ville à proprement parler même si c’est une ville très « américanisée », ce qui m’a tout de suite sauté aux yeux, moi qui est habitué à l’Afrique. Les MacDo, Burger King, Subway, Payless for shoes et United Color of Benneton sont bien présents et côtoient les casinos et les centres commerciaux.
Marthe, la directrice du projet est une belle grand-maman et nous a fort bien accueillis. On loge dans un hôtel très sympathique surtout si je compare aux Holiday Inn et consort qui sont un peu plus loin et qui n’ont aucune personnalité. Encore ici, beaucoup de plantes, des hamacs, une mini piscine, de la propreté. On y passe la semaine avant de se diriger vers le nord. Les petits déjeuners sont composés de gallo pinto, plat typique de riz et de haricots, au grand bonheur de Maëla qui y retrouve, je suppose, les saveurs du Rwanda. Nous arrivons en pleine saison des mangues qui tombent littéralement du ciel.
Les Nicaraguéens sont accueillants et souriants et avec une enfant, le contact est d’autant plus facile. L’immersion est donc bien entamée, aller m’ouvrir un compte de banque hier m’a donné quelques sueurs froides. La dame me dit « firma », je prend quelques secondes pour réfléchir alors elle me le répète en détachant chaque lettre et finalement en épelant. Ma chère, ce n’est pas un problème d’oreille mais plutôt de langue mon affaire! En général, je trouve que je me débrouille assez bien quand même. Il faut seulement que mon cerveau fasse le « switch » car il a tendance à penser en kinyarwanda quand il s’agit de langue seconde. Ça devrait se faire assez rapidement puisque je passerai les deux prochaines semaines dans une école de langue à Esteli.
Hasta pronto donc!
Notre première expérience en Amérique Centrale sera dans le centre du centre au « pays de lacs et de volcans », pays accueillant, pays fragile, pays, à première vue, charmant.
Le Salvador, vu du ciel et de l’aéroport, semblait presque désertique aussi fus-je agréablement surprise de voir une ville très verdoyante à notre arrivée à Managua malgré que ce soit le fort de la saison sèche (vive l’irrigation) C’est la capitale comportant le plus d’arbres qu’il m’ait été donné de visiter ce qui lui a donné d’office une place spéciale, moi qui n’aime pas particulièrement les villes. Il y aurait environ 1 400 000 habitants dépendant des sources. Elle est construite de façon très étendue ce qui rend difficile de la visiter à pied avec poussette. On se contente de se déplacer dans le quartier où se trouve notre hôtel et on se promène un peu dans les autres quartiers avec le véhicule du bureau. Le centre-ville avait été détruit en 1972 après un gros tremblement de terre et il n’y a pas eu de reconstruction comme telle, le dictateur Somoza de l’époque ayant mis dans ses poches l’argent qui avait été accordé à cette fin. Il n’y a donc pas vraiment de centre-ville à proprement parler même si c’est une ville très « américanisée », ce qui m’a tout de suite sauté aux yeux, moi qui est habitué à l’Afrique. Les MacDo, Burger King, Subway, Payless for shoes et United Color of Benneton sont bien présents et côtoient les casinos et les centres commerciaux.
Marthe, la directrice du projet est une belle grand-maman et nous a fort bien accueillis. On loge dans un hôtel très sympathique surtout si je compare aux Holiday Inn et consort qui sont un peu plus loin et qui n’ont aucune personnalité. Encore ici, beaucoup de plantes, des hamacs, une mini piscine, de la propreté. On y passe la semaine avant de se diriger vers le nord. Les petits déjeuners sont composés de gallo pinto, plat typique de riz et de haricots, au grand bonheur de Maëla qui y retrouve, je suppose, les saveurs du Rwanda. Nous arrivons en pleine saison des mangues qui tombent littéralement du ciel.
Les Nicaraguéens sont accueillants et souriants et avec une enfant, le contact est d’autant plus facile. L’immersion est donc bien entamée, aller m’ouvrir un compte de banque hier m’a donné quelques sueurs froides. La dame me dit « firma », je prend quelques secondes pour réfléchir alors elle me le répète en détachant chaque lettre et finalement en épelant. Ma chère, ce n’est pas un problème d’oreille mais plutôt de langue mon affaire! En général, je trouve que je me débrouille assez bien quand même. Il faut seulement que mon cerveau fasse le « switch » car il a tendance à penser en kinyarwanda quand il s’agit de langue seconde. Ça devrait se faire assez rapidement puisque je passerai les deux prochaines semaines dans une école de langue à Esteli.
Hasta pronto donc!
mercredi 16 mars 2011
African Revolution
Je sais que ce blogue devait servir à parler de notre expérience au Nicaragua mais comme j’ai déjà dérogé en parlant des papillons je peux bien glisser un mot sur notre soirée à l’Olympia. Intense, chaude, vibrante, magique et engagée. Un spectacle que j’étais sûre de rater, pensant être déjà au Nicaragua, mais pour lequel on a finalement pu avoir des billets. Cette légende africaine du reggae a une présence sur scène incroyable, de l’énergie qui transporte la salle. C’est la deuxième fois que je le vois en spectacle et la deuxième fois que je suis directement à ses pieds (dans les deux sens du terme). Et oui je l’ai touché, une vraie groupie! La masculinité incarnée! Un spectacle qui venait me jouer dans le cœur, qui me confirmait mon attirance (si besoin était!) envers l’Afrique et ses habitants. C’était le troisième anniversaire de mon union avec le papa de ma fille, toute une fête.
![]() |
| Tiken Jah Fakoly |
lundi 14 mars 2011
Cette fois c'est vrai?
Nous avons nos billets d'avion en main datés du 19 mars, 6h top. Avec tous ces chamboulements on ne part plus avec Canjet mais avec Lacsa. Escales donc à Toronto et San Salvador pour finalement se déposer à Managua! Ne manquerait plus qu'une tempête de neige pour nous empêcher de décoller... je m'attends à tout!
mardi 8 mars 2011
Papillons en liberté
Faute d'être déjà en train d'admirer des papillons en pleine nature nous venons d'aller voir un concentré de ces magnifiques lépidoptères dans les serres du jardin botanique. Une cascade de couleurs, des battements d'ailes envoûtants, danses lascives. Une activité qui nous a fascinée tous les trois.
On a réussi à en identifier douze... quelques uns restent anonymes... on saura bien les démasquer!
C'est captivant d'observer l'adaptation d'un papillon à sa fleur fétiche, regardez les Parides iphidamas (en fait, ce que j'ai identifié comme tel...)
On a réussi à en identifier douze... quelques uns restent anonymes... on saura bien les démasquer!
C'est captivant d'observer l'adaptation d'un papillon à sa fleur fétiche, regardez les Parides iphidamas (en fait, ce que j'ai identifié comme tel...)
| Papilio rumanzovia |
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| Maëla bien attentive |
| Parides iphidamas Parfaitement adapté à sa fleur! |
| Parides iphidamas parfaitement adapté à sa fleur! |
samedi 5 mars 2011
Mauvais sort
Une série de coïncidences bizarres retardent notre départ chaque semaine. Mauvais augure ou un clin d'oeil de la vie pour renouveler notre patiente et nous faire mieux savourer l'arrivée? Déjà le 5 mars et pas de date fixe encore...
Michel, le frère de Virginie doit venir nous visiter vers le 18. À ce rythme là, soit il arrivera avant nous, soit il nous déménagera!
Michel, le frère de Virginie doit venir nous visiter vers le 18. À ce rythme là, soit il arrivera avant nous, soit il nous déménagera!
mercredi 9 février 2011
Le départ approche!
Le compte à rebours est commencé... euh... comment peut-on compter quand on ne connaît pas la date de départ? On sait à tout le moins que ce sera en février 2011.
Somoto nous voici!
Somoto nous voici!
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