lundi 30 mai 2011

Enfin chez nous!

On dirait que j'oublie à chaque fois tout ce qu'un déménagement implique mais on a finalement notre nic d'amour. Notre maison est assez agréable mais malheureusement en plein centre-ville. Les annonces à Somoto se font via une automobile avec de gros hauts-parleurs qui empêchent d'avoir une conversation normale quand ils passent dans la rue. Et bien, cette auto passe parfois jusqu'à minuit et recommence à 5h le matin. Impossible de ne pas l'entendre. Bien pire qu'un haut-parleur de mosquée dans sa fenêtre de chambre!
À part le bruit, il y a d'autres agents bien actifs dans cette maison malgré qu'on ne les entend pas: des fourmis. Des petites noires, des moyennes brunes, des grosses rouges, des termites, des volantes... de tout genre et d'où son nom "Nic d'amour" Cette semaine je commence à lire la Trilogie des Fourmis de Werber pour me réconcilier ou traumatiser davantage...
Entre le frotage d'armoire et de planchers, l'aménagement de mon jardin (encore à l'état d'ébauche) je travaille de plus en plus fort à Palacaguina. Les pluies ont commencé, les montagnes désolées se parent de vert tendre et ont la tête dans les nuages, le paysage devient de plus en plus agréable.
Avec la pluie, le temps des semis. Quantité d'hommes dans leur champ en gougounes, pulvérisateur à la main, bouteilles de pesticides abandonnées à côté de chaque puit et de chaque ruisseau. Jamais rien vu de tel.
Pour le moment, je travaille avec mes deux techniciens, nous formons une équipe sérieuse et motivée, espérons que les trois professeurs qui se joindront à nous le 1er juin le seront tout autant.

J'ai pu me frotter au travail de terrain la semaine passée; j'ai semé de l'engrais vert à l'espeque, outil de travail qui m'était inconnu jusqu'ici. Dans un sol pierreux et sous un soleil de plomb, j'ai courageusement semé mes graines en ne m'énervant pas trop quand celles-ci tombaient à côté de mon trou. Le but de l'espeque est de faire un trou dans le sol et de lancer ses 2-3 graines (dans un sac à la ceinture) dedans pour ne pas avoir à se pencher. Je m'améliore! Certains coopérants n'aiment pas ce genre de travail, moi je trouve que rien de tel pour se mettre plus près des paysans et donner une vision de la tâche à accomplir. C'est pas de la tarte cultiver!


mercredi 11 mai 2011

Un peu de campagne

On commence à entrer un peu plus dans le vif du sujet. Cette semaine on fait des visites terrains pour recruter nos 55 premiers jeunes, trouver le lieu ou installer nos 2 écoles, voir les terrains de nos 3 futures parcelles expérimentales…
On ne chômera pas! Les agriculteurs de notre zone font encore beaucoup de brûlis et il y a une espèce de culture assistentialiste pas évidente du tout. Il y a eu tellement de projets au Nicaragua du genre « tout inclus » que les gens veulent seulement savoir combien ça va leur rapporter. Comme le projet est surtout basé sur l’acquisition de connaissances c’est un peu moins vendeur. Mais quel plaisir de se retrouver à la campagne avec les paysans! Ça me manquait.

samedi 7 mai 2011

Amélioration de la production et de la gestion agricole des jeunes producteurs et productrices de la région des tropiques secs

Faudrait  bien que je parle un peu de mon boulot puisque ça occupe pas mal de mon temps et que c’est pour ça qu’on est au Nicaragua!  Je travaillerai donc durant les deux prochaines années à atteindre l’objectif du titre de ce posting, et ce, par le biais de la formation technique.
Le projet vise à développer un autre curriculum que celui offert par les écoles existantes, en partenariat avec celles-ci. Une technique de 3 ans axée sur l’accessibilité et la pratique. Les jeunes recrutés devront avoir accès à une partie de la parcelle familiale pour expérimenter au fur et à mesure de l’apprentissage ce qui se traduira par deux jours de classe par semaine (dans une « école » à la campagne avec pratique sur la parcelle de l’école) et 3 jours de pratique (où l’équipe technique visitera les jeunes à domicile pour les appuyer et les conseiller dans leurs expériences. Le diplôme décerné à la fin de ces trois ans d’étude sera « Gestion intégrée et écologique de ferme ». Un apprentissage axé sur la permaculture. Mon rôle là-dedans est de coordonner une équipe de 3 professeurs et de 2 techniciens à laquelle d’autres viendront s’ajouter en même temps que les nouveaux groupes (cette année, on commence avec un groupe de 50 élèves, le temps de mettre au point notre approche).
À chaque année, le projet appuiera deux initiatives de commercialisation et/ou transformation de produits agricoles. Il y a aussi un volet qui consiste en la construction d’ouvrages d’entreposages, d’irrigation ou de quoi que ce soit nécéssaire à la communauté ou à l’élève.
Un portrait un peu grossier mais néanmoins emballant, vous en aurez des nouvelles au fur et à mesure du déroulement.